Le défi
Un réseau de 1 600 sites devait arbitrer ses implantations : où ouvrir, où renforcer, où réexaminer une implantation existante. Chaque site était connu de l’intérieur ; ce qui l’entourait ne l’était pas, site par site.
La question à trancher : sur quels faits comparables arbitrer chaque implantation ? Y répondre supposait de connaître, pour chaque site, les concurrents recensés dans sa zone et leur distance, donc de réunir deux populations construites différemment, les sites du réseau et ceux des concurrents, sur un même fond de carte.
Un tableau de 1 600 lignes ne suffisait pas à décider. Il fallait un outil que la direction interroge elle-même, zone par zone, au moment de chaque arbitrage.
Notre approche
Fixer la règle de comparaison
Avant toute donnée, la zone de chaque site est arrêtée par écrit : un temps de trajet plutôt qu’un rayon à vol d’oiseau, et la liste des réseaux tenus pour concurrents. Hypothèse écrite : une règle unique pour tout le réseau, paramétrée par type de territoire (urbain dense, périurbain, rural), pour que deux sites se comparent sur la même base.
Constituer les deux bases
Les sites du réseau et ceux des concurrents sont réunis, nettoyés, dédoublonnés et géocodés. Les conditions d’usage de chaque source sont relevées avant reprise, et sa date est conservée. Les adresses au géocodage imprécis sont revues ou écartées. Hypothèse écrite : un concurrent absent des sources retenues est absent du calcul, et la note de méthode le dit.
Calculer les indicateurs par site
Pour chaque site : population de sa zone, nombre de concurrents, temps de trajet jusqu’au plus proche, présence d’autres sites du réseau à proximité. Les sites sont ensuite classés en trois groupes de densité, chacun rattaché à une question pour la direction. Les règles de calcul sont écrites : le résultat se refait et se discute.
Repérer les zones sans site
Le territoire est découpé en carreaux. Pour chacun : population, sites du réseau et concurrents accessibles dans le temps de trajet retenu. Les zones peuplées sans site du réseau à portée deviennent des pistes d’ouverture à instruire.
Construire la carte, la contrôler, la remettre
Sites, concurrents et zones sont placés sur une carte que l’on filtre par zone, par indicateur ou par réseau concurrent ; un clic sur un site ouvre sa fiche. Avant remise, un échantillon de sites est vérifié à la main contre les sources, selon un seuil d’écart arrêté par écrit avec la direction. L’outil est remis avec sa méthode et la date de ses données.
L’impact
1 600 sites comparés à leurs concurrents selon une règle identique pour tous, sur une carte interactive que la direction interroge elle-même, zone par zone, pour instruire ses décisions d’implantation.
| Concurrents dans la zone du site | Nombre de sites | Part du réseau | Question ouverte pour la direction |
|---|---|---|---|
| Aucun | 350 | 22 % | Seul dans sa zone : le site capte-t-il toute la demande, ou la zone en porte-t-elle un second ? |
| 1 ou 2 | 700 | 44 % | Position à tenir : le site se distingue-t-il de ses voisins ? |
| 3 ou plus | 550 | 34 % | Zone dense : le site y garde-t-il sa place ? |
| Total | 1 600 | 100 % |
Reconstitution : les ordres de grandeur sont modifiés pour préserver l’anonymat. Seul le nombre total de sites (1 600) est exact ; la répartition entre les trois groupes est fictive.
Livrables types
- Base consolidée des sites du réseau et des concurrents, géocodée, datée et sourcée source par source
- Indicateurs de concurrence calculés pour chaque site
- Carte interactive filtrable, avec une fiche par site
- Note de méthode : zone de comparaison, sources, règles de calcul, seuil de contrôle
Ce que ce cas ne dit pas. Ce cas décrit une étude concurrentielle et l’outil qui la restitue ; il ne mesure pas l’effet des implantations décidées ensuite et ne décrit pas ces décisions, qui appartiennent à la direction du réseau.